Bois-des-Fossés photographed by P. S. du Pont in 1925

L’énigme du château disparu

À Chevannes, on raconte depuis toujours que le propriétaire du Bois-des-Fossés fit abattre le vieux château vers 1930 pour construire la maison que l’on connaît aujourd’hui. Légende ou réalité ? L’association a décidé de mener l’enquête. Premier épisode d’une série qui vous fera suivre nos recherches.

Une tradition tenace

Tous ceux qui connaissent le Bois-des-Fossés l’ont entendue : la demeure où vécut Pierre Samuel du Pont de Nemours n’existerait plus. Vers 1930, un propriétaire l’aurait remplacée par une maison neuve. Mais qui était ce propriétaire ? Pourquoi aurait-il détruit une maison chargée d’histoire ? Et que reste-t-il, aujourd’hui, de l’ancien logis ?

Un « château » sur le plan de 1832

Pierre Samuel du Pont de Nemours achète le domaine en 1774. Il le cède en 1815, après le départ de sa famille pour l’Amérique. Sur le cadastre napoléonien de Chevannes, dressé en 1832, le bâtiment principal porte encore le nom de « Château ». Le terme est sans doute flatteur : il s’agissait plutôt d’une maison de maître, entourée de sa ferme et de ses jardins.

Extrait du cadastre napoléonien de Chevannes de 1832 : le bâtiment principal du Bois-des-Fossés est désigné « Château »
Le Bois-des-Fossés sur le cadastre napoléonien de Chevannes, 1832, section B : le bâtiment principal porte la mention « Château » (Archives départementales du Loiret, 3 P 91/3).

Encore debout en 1929

La maison n’a pas disparu au XIXe siècle. Le peintre américain Stanley Arthurs la représente vers 1920, et des membres de la famille du Pont la photographient lors d’un voyage en France en 1929 ; ces documents sont conservés au Hagley Museum and Library, dans le Delaware. Si une démolition a eu lieu, elle est donc postérieure à 1929, ce qui est cohérent avec la tradition.

Notre méthode

Pour démêler le vrai du faux, nous avons interrogé les archives publiques : recensements de la population, registres d’état civil, tables des successions, plans cadastraux. Ces documents, numérisés par les Archives départementales du Loiret et de Seine-et-Marne, permettent de suivre, de recensement en recensement, ceux qui ont vécu au Bois-des-Fossés. Le prochain épisode vous fera découvrir leurs visages : des fermiers, et une étonnante lignée de jardiniers.

Un appel à vos souvenirs

Vous possédez une photographie, une carte postale ou un souvenir du Bois-des-Fossés d’avant 1930 ? Vos parents ou grands-parents en parlaient ? Écrivez-nous grâce à notre formulaire de contact : chaque témoignage peut faire avancer l’enquête.

À suivre : « Les gardiens du jardin (1806-1936) ».


Illustration : le Bois-des-Fossés photographié par Pierre S. du Pont en 1925. Contributions by Marsha Mills, Foundation Archivist, Hagley Museum and Library.

Sources : cadastre napoléonien de Chevannes, 1832 (Archives départementales du Loiret, 3 P 91/3) ; Hagley Museum and Library (tableau de Stanley Arthurs, vers 1920 ; photographies de 1929) ; recensements de la population de Chevannes (Archives départementales du Loiret).

Article rédigé avec l’aide de l’assistant d’intelligence artificielle Claude (Anthropic), relu et validé par l’association.